Histoire de l'islam

 

( Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux) بسم الله الرحمن الرحيم

 

 

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Histoire de l'islam

Le prophète Mohammed (sala Allahu 'alayhi wa salam) a dit :

 

« La prophétie durera aussi longtemps qu'Allah le voudra, puis elle s’achèvera lorsqu’Allah le décidera. Ensuite il y aura le Califat sur la voie de la prophétie pour une durée qu'Allah souhaitera, puis il prendra fin lorsqu’Allah le voudra. Par la suite, il y aura un régime héréditaire sur une période qu'Allah déterminera, puis il se terminera lorsqu’Allah le souhaitera. Ensuite, il y aura un régime tyrannique aussi longtemps qu'Allah le voudra, puis il s’achèvera lorsqu’Allah le décidera. Puis il y aura le Califat sur la voie de la Prophétie. C’est alors qu’il se tût.» ( Hadith rapporté par Ahmad )

 

Ce Hadith a été déclaré authentique par l'Imam al-Albani ainsi que par le Sheikh al-Arna"ût, qu'Allah leur fasse Miséricorde.

 

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Après les prophètes, de Adam jusqu'à Issa (Jésus), l'islam est (ré)apparu en Arabie au VIIe siècle avec l'apparition du prophète Mohammed (paix et salut sur lui). Un siècle après sa mort, un empire islamique s'est étendu de l'océan Atlantique dans l'ouest vers l'Asie centrale dans l'est. Celui ci n'est pas resté unifié longtemps ; le nouveau régime a rapidement finit en guerre civile et plus tard affectée par une deuxième Fitna. Ensuite, il eu des dynasties rivales réclamant le califat, ou la conduite du monde musulman, et beaucoup d’empires islamiques ont été gouvernés par un calife incapable d'unifier le monde islamique.

 

 

En dépit de ce morcellement de l'Islam en tant que communauté politique, les empires des califes d'Abbassides, l’empire moghol et les Seldjoukides étaient parmi les plus grands et le plus puissants au monde. Les musulmans ont produit bon nombre de centres islamiques, de scientifiques, d’astronomes, de mathématiciens, médecins et d'illustres philosophes pendant l'âge d'or de l'islam. La technologie s'est épanouie ; un investissement soutenu dans les infrastructures, telles que des systèmes d'irrigation et des canaux ; et surtout, l'importance de lire le Coran a produit corrélativement un niveau élevé de l'instruction parmi la population.

 

 

Plus tard, aux XVIIIe siècle et XIXe siècle, plusieurs régions islamiques sont tombées sous les puissances impériales européennes. Après la première guerre mondiale, les restes de l'Empire ottoman ont été partagés sous forme de protectorats européens.

 

Bien qu'affectée par diverses idéologies, telles que le communisme, pendant une bonne partie du XXe siècle, l'identité islamique et la prépondérance de l'Islam sur des questions politiques s’est accrue au cours de la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle. La croissance rapide, les intérêts occidentaux dans des régions islamiques, les conflits internationaux et la globalisation ont influencé l'importance de l'Islam dans le moulage du monde du XXIe siècle.

 

 

Origine de l'islam

 

Le prophète de l'islam [modifier]

À cette époque pré-Islamique, les religions pratiquées à La Mecque sont diverses. Un polythéisme recouvrant environ 300 dieux et déesses est rencontré autour de la Ka'ba, alors véritable panthéon. Le judaïsme mais aussi christianisme y sont auusi retrouvés.

 

 

Le récit musulman du début de la révélation est le suivant. Lors d'une retraite méditative, Mohamed (sala Allahu 'alayhi wa salam) a des révélations auditives, l'ange Gabriel le serre par le dos et lui dit par trois fois « Lis ! ». Mohamed (sala Allahu 'alayhi wa salam) lui répond, également par trois fois « Je ne sais pas lire ! » Alors l'archange Gabriel lui dit :

 

 

« Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l'homme d'une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble ».

 

(S.96, V.1-3).

 

 

Cette première « révélation » est la première d'une série qui va durer environ 23 ans et qui va constituer le Coran, le livre sacré des musulmans.

 

 

Pour les classes dirigeantes de la Mecque, celles qui prélèvent un impôt sur les ventes et les caravanes, plus celles en charge du temple de la Ka'aba, reconnaître l'islam naissant signifierait une perte de chiffre d'affaires. La liberté d'adorer son Dieu était en effet une caractéristique et concourait au succès de cette ville marchande. Ils virent donc très certainement d'un très mauvais œil cette nouvelle religion qui se voulait exclusives des autres.

 

 

Par contre, cette nouvelle religion qui promettait au pauvre une rétribution selon ses actes, une justice divine, que l'on soit riche ou pauvre, eut beaucoup de succès auprès de ceux-ci. Quelques personnes aisées et nobles, convertis par l'universalité et la beauté de ces sourates, sont à compter parmi les premiers fidèles, comme son épouse Khadija, première convertie, ainsi que comme son ami Abu Bakr, Omar, son oncle Hamza et son cousin Ali. Les puissants de La Mecque organisent une persécution des premiers musulmans, s'en prenant violemment à ces nouveaux prêcheurs, allant jusqu'à en assassiner plusieurs. À la mort de son protecteur et oncle abû Tâlib, en 622 Mouhammad est contraint à l'exil à Yathrib. Cet exil forcé porte le nom d'Hégire et marque l'an 1 de la nouvelle ère islamique.

 

 

La structure théologique de l'Islam a pris forme lors du départ du prophète pour Médine. C'est là qu'il fixe les règles du culte.

 

 

Croyance et "Témoignage" qu'il n'y a qu'un seul Dieu à adorer (Allah) et que Mouhammed est son prophète.

La salat (Prière) 5 fois par jour.

La Zakat (L'aumône): impôt fixé à 2,5% du revenu annuel et destiné à l'intéret général et à l'assistance aux pauvres.

Le jeûne du mois de Ramadan (de l'aube au coucher du soleil).

Le pèlerinage à la mecque une fois au moins durant sa vie.

 

Il n'est obligatoire que pour ceux qui en sont capables.

 

En tant que chef, Mouhammad (sala Allahu 'alayhi wa salam) doit gérer une communauté d'émigrés de la Mecque bientôt rejoints par des convertis de Médine. Très vite, l'Islam devient donc à la fois une croyance avec un code de vie socioéconomique. Les convertis ont des origines et cultures différentes. L'islam fait fusionner ces différences en une seule communauté, sans faire de distinction entre eux. Ils sont alors devenus des frères en religion.

 

 

La communauté se structure autour des seules valeurs religieuses, sans référence aux clans ni tribus, ce qui constitue une véritable révolution dans l'arabie de cette période. Le lien unissant les fidèles n'est plus le lien du clan, mais le lien de la communauté de croyance. Les principes d'équité, d'égalité, et de justice sociale sont mis en avant. La communauté se structure autour de l'Umma : communauté des Croyants, en opposition aux clans et divisions.

 

 

Le prophète (sala Allahu 'alayhi wa salam) se positionne dans la continuité du christianisme et du judaïsme, mais avec une vocation universelle; un célèbre Hadith de Mouhammad (sala Allahu 'alayhi wa salam) dit: " Il n'y a pas de différence entre un Arabe et un non-Arabe, si ce n'est par la piété et la bonne action" Ou encore: " Tous les humains sont égaux comme les dents d'un peigne ; seules les différencient la piété et la bonne action"

 

 

Succession de Mouhammad l'envoyé d'Allah (sala Allahu 'alayhi wa salam)

 

 

Les trente années qui suivent la mort de Mouhammad l'envoyé d'Allah (sala Allahu 'alayhi wa salam) sont déterminantes, car le problème de sa succession provoque de profondes divisions.

 

 

Médinois et Mecquois arrivent à se mettre d'accord sur le choix d'Abou Bakr, un ami et proche du prophète (sala Allahu 'alayhi wa salam) au nombre des premiers convertis, comme successeur de Mouhammad l'envoyé d'Allah (sala Allahu 'alayhi wa salam).

 

Abu Bakr réalise l'unité dans la péninsule, il est alors reconnu et légitimé comme calife (Khalife : successeur). Il est à l'origine des premiers livres de Coran. Jusqu'alors le Coran se transmettait essentiellement par tradition orale, et les transcriptions des récitations de Mouhammad l'envoyé d'Allah (sala Allahu 'alayhi wa salam) sur des feuilles de palmier, omoplates d'animaux ou morceaux de cuir ne servaient que de référence. Il meurt en 634, après avoir désigné, indirectement, son successeur: Omar, qui sera calife jusqu'en 644.

 

 

Celui-ci continue la conquête et joue un rôle dans l'organisation politique par l'institution du diwan (le bureau où les combattants musulmans sont inscrits et rémunérés). Il est assassiné par un mazdéen.

 

 

Uthman et Ali apparaissent comme les deux principaux candidats. Uthman fut choisi. Il attribua des postes importants aux membres de son clan.Uthman fut assassiné en 656.

 

 

Le jour même, Ali, gendre du prophète (mari de sa fille Fâtîma) et son compagnon, est désigné comme calife. Le chef du clan des Omeyyades, Mu`âwîya, demande la punition des coupables du meurtre, mais celle-ci tarde. Commence alors une lutte entre les partisans d'Ali et les Omeyyades.

 

 

La bataille de Siffin de 657 marque l'apogée de cette guerre civile. Alors qu'il est sur le point de gagner par la force des armes, Ali, probablement pour arrêter l'effusion de sang entre musulmans, accepte de parlementer. Cette guerre entre les deux factions est la fitna, la mésentente: un traumatisme religieux majeur.

 

Ali sera ultérieurement assassiné par les kharidjites, anciens partisans qui lui reprochent d'avoir accepté l'arbitrage.

 

 

Le message de la révélation: Le Coran

 

Le Coran contient les dogmes, ce que l'on doit croire et aussi ce qu'il est tenu de faire, non seulement en matière culturelle, mais également dans le domaine de la vie individuelle et collective.

 

Le Coran est la parole de Dieu transmise à son prophète (sala Allahu 'alayhi wa salam) par l'ange Gabriel, d'où l'importance de la langue arabe, même pour les musulmans qui ne sont pas arabes. L'arabe est la langue avec laquelle Dieu a révélé le Coran.

 

Le Coran est un retour aux sources, une ultime confirmation des écritures déjà révélées antérieurement (Torah, Bible,...), dont les juifs et les chrétiens se sont éloignés. Tous les personnages bibliques sont donc invoqués dans le Coran.

 

 

Le dogme

 

 

L'intention principale de Mouhammad l'envoyé d'Allah, (sala Allahu 'alayhi wa salam) avant même la fondation de l'Oumma, était de convaincre ses contemporains de ne vénérer qu'un seul Dieu : Allah, le créateur de l'univers. Cette affirmation du monothéïsme se retrouve dans la profession de foi du Musulman, et qui constitue le premier des cinq piliers de l'Islam: "Il n'y a pas d'autre Dieu digne d'adoration que Dieu (ou Allah), et Mouhammad est son Prophète". Les cinq piliers de l'islam constituent les obligations et les préceptes fondamentaux de l'islam, obligatoires pour tous les musulmans.

 

 

Premier pilier : chahada, unicité de Dieu et prophétie de Mouhammad l'envoyé d'Allah (sala Allahu 'alayhi wa salam),

Deuxième pilier : salat, l'accomplissement des cinq prières quotidiennes,

Troisième pilier : saoum, le jeûne du mois de Ramadan, 9e mois du calendrier lunaire musulman,

Quatrième pilier : zakat, impôt obligatoire pour les Musulmans dont le taux est calculé de manière stricte, et qui est destiné aux franges pauvres de la société,

Cinquième pilier : hajj, pèlerinage à la Mecque, au moins une fois dans la vie, si les conditions physiques et matérielles s'y prêtent.

 

Il existe un Dieu unique (Allah), créateur de toutes choses, éternel, omnipotent. C'est lui qui permet à l'homme de s'exprimer et il lui a donné le Coran. Ce Dieu est bon, puissant et miséricordieux. La notion du jugement dernier où l'homme sera face à Dieu occupe une place importante dans l'Islam, qui prévoit un Enfer où les mécréants seront torturés et un Paradis où les croyants seront récompensés.

 

L'homme est faible parce qu'il n'est qu'une créature de Dieu, mais l'islam ne reprend pas l'idée du péché originel. Dieu permet à l'homme de faire ce qu'il veut, c'est à celui-ci d'exercer sa raison et de se montrer responsable.

 

 

L'unicité de la divinité est clairement affirmée contre le paganisme des tribus arabes, mais aussi contre la doctrine chrétienne de la Trinité (considérée comme une forme de polythéisme) : « Dieu est l'unique, le puissant et l'incomparable, il n'a pas de parents ni d'enfants, et personne n'est comme lui » Le Christ est considéré comme un prophète, un être humain "fils de Marie (Meriem) la vierge", que Dieu créa sans père comme il créa Adam sans père ni mère.

 

 

Dieu s'adresse aux hommes à travers des révélations. L'homme doit être dans une absolue soumission à Dieu (islam signifie soumission à la volonté de Dieu). Celui qui se laisse guider par ses désirs succombe donc à l'illusion, mais la miséricorde divine permet le pardon de ceux qui reconnaissent leurs fautes et se repentissent.

 

 

La troisième religion abrahamique

 

 

L'islam se veut la restauration du monothéisme, de la foi unique basée sur une vérité unique qui devrait être commune aux trois religions abrahamiques. Le Coran dénonce les divisions qui opposent juifs et chrétiens, et leur refus de la dernière révélation de Mouhammad l'envoyé d'Allah.

 

Néanmoins, pour les chrétiens, il était naturellement difficile d'admettre de se passer de la personne de Jésus et d'envisager Dieu comme sans incarnation humaine. Pour les juifs, malgré de fortes ressemblances de l'islam avec leur propre religion, la place donnée à Jésus et le fait qu'Israël ne soit plus qu'un peuple parmi d'autres rendaient inacceptable l'idée que l'islam soit un prolongement du judaïsme.

 

 

Histoire de l'expansion de l'islam

 

Premiers siècles

Pendant ses premières décennies, l'islam s'est étendu rapidement au nord-est vers l'Irak, l'Iran, la haute Mésopotamie ; et à l'ouest vers la Syrie, la Palestine et l'Égypte (les provinces les plus riches de l'empire byzantin).

 

 

L'islam pénètre le monde chrétien et gréco-romain peu après la mort de l'envoyé d'Allah (sala Allahu 'alayhi wa salam). Pendant le pouvoir des Omeyyades, l'expansion continue, les conquêtes territoriales se faisant par voie terrestre jusqu'au Maghreb à la fin du VIIe siècle, et jusqu'aux côtes espagnoles au début du VIIIe siècle. En 712 ils franchissent le détroit de Gibraltar et envahissent l'Espagne. Les Maures sont arrêtés à Poitiers en 732.

 

 

Expansion vers l'Asie centrale, Boukhara, Kaboul, et ils atteignent la frontière de l'Indus. Contact avec l'empire byzantin, la mer Caspienne et Caucase au nord.

 

 

La mer Méditerranée est contrôlée par l'empire byzantin donc menace sur les conquêtes musulmanes. Ils construisent une flotte et attaquent Constantinople sans succès à trois reprises. Les Byzantins restent maîtres de la mer et bloquent donc l'expansion musulmane, ainsi que le commerce avec les musulmans. La mer reste une frontière, mais devient une mer d'échanges. La carte ne bouge plus jusqu'au XIe siècle, après une conquête rapide (un siècle).

 

 

Quand les musulmans ont conquis un territoire, ils établissent des camps à part et vivent du fruit de leurs conquêtes et d'impôts versés par les non-musulmans, en échange de leur liberté et leur protection. Cet impôt s'appelle la jizya ou jizaya, les musulmans quant à eux paient une autre forme d'impôts, la Zakat qui forme un des cinq piliers de l'islam.

 

 

Le VIIIe siècle est marqué par la forte résistance de l'empire byzantin, mais aussi à l'intérieur du monde arabo-musulman. L'agitation est à la fois politique et religieuse. On observe donc l'unification et l'arabisation de l'empire (par la langue, la monnaie, l'administration), ainsi que son islamisation (des écoles sont instituées pour apprendre le Coran, les juges sont formés pour répandre le droit musulman).

 

 

Mais il y a de nombreuses sécessions politico-religieuses. En effet, les Abbassides fondent Bagdad. Il y a donc un déplacement vers l'Est du centre politique arabo-musulman qui a pour conséquence le transfert des courants d'arrivées de l'Extrême-Orient, mais aussi un déséquilibre car le centre est éloigné du pan Ouest de l'empire. Cela entraîne des sécessions qui débouchent sur la formation de trois grandes zones où émergent des khalifats.

 

 

Ce sont les zones abbasside, fatimide et une andalouse; on peut donc parler de concurrence religieuse entre les successeurs de l'envoyé d'Allah.

 

 

Aux IXe siècle et Xe siècle, l'empire arabo-musulman ne s'étend plus, suite à la prise du pouvoir par les abbassides.

 

 

Du VIIe au XVe siècle

 

En Orient

 

 

Péninsule arabique

 

 

On date la révélation de l'envoyé d'Allah à environ 610.

 

Les premières années sont difficiles et les musulmans sont souvent persécutés, certains migrent vers l'Abyssinie. En 622, Mohammed (sala Allahu 'alayhi wa salam), chassé de la Mecque, se réfugie à Médine, c'est l'an I de l'Hégire. À partir de cette date, il commence à étendre son audience et son pouvoir et il conquiert La Mecque. À sa mort en 632, il a conquis toute la péninsule.

 

 

Proche-Orient

 

 

Les Byzantins ont à peine vaincu la Perse qu'un nouvel ennemi se présente aux frontières. L'année 622 où Héraclius a lancé son offensive contre la Perse est également marquée par le commencement de l'Hégire. Onze ans plus tard débute l'expansion des conquêtes arabes.

 

 

Héraclius ne prend pas tout de suite la menace au sérieux. Mais après quelques défaites, son armée est massacrée en 636 à la bataille de Yarmouk par celle du calife Omar, qui prend le contrôle de la Syrie la même année. En 638, ils prennent Jérusalem suite à un long siège, en 640 assujettissent l'Arménie et l'ouest de l'Anatolie, et en 642 s'emparent de l'Égypte qui est définitivement perdue pour l'empire. L'exarchat de Carthage est pillé en 647 et disparaîtra en 698, ce qui donnera aux Sarrasins la maîtrise de tout le littoral nord-africain. La guerre contre les Perses n'a finalement servi à rien.

 

 

Maintenant maîtres de la Syrie et de l'Égypte, les musulmans décident, à partir de 644, de bâtir une flotte militaire. Dix ans plus tard, ils s'emparent de la Crète, de Rhodes et de Cos, le long du littoral anatolien. Puis en 655 a lieu la première grande bataille navale entre les Byzantins et les musulmans. La flotte romaine est anéantie au large de Finike. Enfin, en 674 commence le siège de Constantinople par la voie maritime.

 

 

En 838, le calife Al-Mutasim avancera bien son armée jusqu'à Amorium en Anatolie, mais sa mort mettra fin à l'opération militaire. Sous les Abbassides, la guerre continue mais ne concerne plus que les frontières, elle se concentrera en particulier sur la Sicile, la Crète.

 

 

Moyen Orient et Asie centrale

 

 

Conquête musulmane de la Perse

 

 

La Conquête islamique de l'Iran (637-651) aboutit à la fin de l'empire Sassanide et au déclin de la religion zoroastrienne en Iran (Perse). Au cours des siècles, la plupart des peuples iraniens, en incluant les Persans et les Kurdes se convertirent à l'Islam à partir du zoroastrisme. Cependant, les acquis de la civilisation perse précédente n'ont pas été perdus mais en grande partie absorbée par la nouvelle entité islamique.

 

 

Ascension de l'empire Islamique

 

 

Au moment de la mort de l'envoyé d'Allah (sala Allahu 'alayhi wa salam) en 632, la plupart de ce qui est maintenant l'Arabie était unifiée sous la bannière de la religion nouvelle qu'était l'Islam. Cependant, les nomades ou villageois arabophones se sont aussi fondu ou se sont installés aux confins de la steppe syrienne. N'importe quel régime qui voulait unifier tous les arabes devrait conquérir la steppe syrienne. Au temps du successeur de l'envoyé d'Allah, Abou Bakr, le premier calife, les musulmans ont d'abord ré-établi leur pouvoir sur l'Arabie (Guerres de Ridda) et lança ensuite des campagnes contre les arabes restants en Syrie et en Palestine.

 

 

Cependant, une collision s'opéra avec les empires byzantins et sassanides, qui se disputaient ses territoires depuis des siècles. Les guerres sont donc vite devenues une question de conquête plus qu'une question de consolidation des tribus arabes.

 

 

Conquête islamique de la Mésopotamie Perse

 

 

La chute de la politique sassanide après la mort de Khosrow II laisse les iraniens dans une position de faiblesse vis-à-vis des envahisseurs musulmans.Au début, les musulmans ont essayé de consolider leur main mise sur les territoires en bordure du désert et les arabes Lakhmides. La ville frontalière d'Al-Hira tomba aux mains des musulmans en 633.

 

 

Les Sassanides s'étaient réorganisés sous l'autorité d'un nouveau roi, Yazdgard III et contre attaquèrent. Ils ont gagné une victoire importante à la Bataille du pont en octobre 634.

 

Après une victoire décisive des musulmans sur les byzantins, en Syrie à la Bataille de Yarmouk en 636, le second calife, Omar, put transférer des troupes à l'est et reprendre l'offensive contre les sassanides.

 

 

Bataille d'al-Qâdisiyya

 

 

Aux alentours de l'année 636, Rostam Farrokhzād, conseiller et général de Yazdgard III (r. 632 - 651), mène une armée de 100 000 hommes au delà de l'Euphrate à la bataille d'al-Qadisiyya, à côté de la ville moderne de Hilla en Irak. Certains l'ont critiqué pour sa décision de faire face aux musulmans sur leurs propres territoires - aux abords du désert - et ont dit que les persans auraient pu tenir s'ils étaient restés sur la rive opposée de l'Euphrate.

 

 

Le calife Omar déploya 30 000 cavaliers musulmans sous le commandement de Sa`d ibn Abī Waqqās contre l'armée perse. La bataille d'al-Qadisiyya s'ensuivit, pendant laquelle les iraniens ont d'abord dominé, puis le troisième jour de combats, l'avantage est passé aux musulmans. Les iraniens ont tenté de fuir. Le général persan Rostam Farrokhzād fut capturé et eut la tête tranchée. D'après les sources musulmanes, les pertes des iraniens ont été énormes, mais les musulmans ne perdirent "que" 7500 hommes. Ctésiphon(Tisphoune en persan) (appelée Madā'in en arabe par la suite), qui fut rapidement évacuée par Yazdgard III après un bref siège. Après la prise et le sac de la ville, les musulmans continuent à aller vers l'est, suivant Yazdgard et ses troupes restantes. En un court laps de temps, les armées musulmanes ont vaincu une contre-attaque majeure des sassanides à la bataille de Jalūlā', ainsi que d'autres engagements à Qasr-e Shirin et Masabadhan. Au milieu du VIIe siècle, les musulmans contrôlaient toute la Mésopotamie, dont le territoire qui est aujourd'hui la province iranienne du Khuzestan.

 

 

Conquête du plateau iranien

 

 

Il est dit que le calife Omar ne souhaitait pas envoyer ses troupes au-delà des monts Zagros et sur le plateau iranien. Une tradition pour expliquer ce fait est qu'il souhaitait conserver un "mur de feu" pour séparer les musulmans et les perses. Des commentaires ultérieurs expliquent cet état de fait par le bon sens contre la sur-extension des forces musulmanes. En effet, ceux-ci venaient à peine de conquérir de nombreux territoires qui devaient encore être administrés et garnis de troupes.

 

 

Les généraux et les guerriers de Omar voulaient plus d'action. Ils arguaient du fait que Yazdgard III pourrait encore devenir une menace si on le laissait tranquille pendant qu'il rassemblait d'autres troupes. L'existence du gouvernement persan était une incitation à la révolte dans les territoires conquis. Finalement, les musulmans qui se sentaient floué dans la distribution de terres et de butin qui suivit les conquêtes mésopotamiennes insistèrent pour qu'il y ait de nouveau raids.

 

Omar était réticent. Les troupes musulmanes destinées aux raids ont passé les monts Zagros séparant la Mésopotamie du plateau iranien, conquérant et vaincant tout sur leur passage, écrasant ainsi toute résistance.

 

 

Yazdgard, le roi sassanide, fit un autre effort pour se regrouper et battre les envahisseurs. En 641, il avait rassemblé une nouvelle armée, qui s'étaient regroupées à Nahavand, à quelques 60 km au sud de Hamedan mais il fut vaincu.

 

 

Yazdgard fuit ensuite, incapable de lever une nouvelle armée et devint un fugitif. Il s'enfuit d'une province de son empire à l'autre avant d'être tué à Merv en 651.

 

 

Les forces islamiques établirent une garnison à Merv. Aux alentours de 674, ils avaient conquis l'Afghanistan, la Transoxiane et une partie de l'Inde connue sous le nom de Sind, sur la rive ouest de l'Indus. Pour de nombreux siècles, ce fut la limite orientale du pouvoir musulman.

 

 

Occupation

 

 

Sous le califat d'Omar et de ses successeurs immédiats, les conquérants musulmans ont tenté de maintenir leur cohésion culturelle et politique en dépit de l'attraction des civilisations qu'ils avaient conquis.

 

 

Le prophète de l'islam, avait bien dit que les gens du livre, juifs et chrétiens, seraient tolérés aussi longtemps qu'ils se soumettaient au pouvoir musulman.

 

L'Afrique

 

 

Il est encore difficile d’appréhender les liens qui se sont noués entre les peuples d’Afrique du Nord et l’islam, les matériaux historiques restent rares. L’actualité rend le sujet délicat. La colonisation a ravivé les tensions entre arabes et berbères, que les siècles avaient apaisées. L’idée d’un phénomène de conversion et d’acculturation reste à l’état d’hypothèse. Il faut près d’un siècle, en effet, pour apaiser les tensions politiques liées à la conquête. La conversion des tribus ne s’est pas déroulée uniformément, et a connu des résistances, des apostasies ponctuelles, ou l’adoption de syncrétismes. L’islamisation s’est faite de manière plus lente encore.

 

 

Les populations berbères du Maghreb ont contribué tant au rayonnement de la civilisation musulmane, qu’à la défense de certains particularismes ; il existe ainsi une identité maghrébine dans le monde médiéval, pour l’étude de laquelle les sources manquent. Il n’y a en effet aucun témoignage direct de l’époque de la conquête. Il faut se contenter de récits postérieurs, comme ceux d’ibn al-Hakam (849) ou de Baladhûrî (823). Il est délicat de proposer une théorie de la conquête, un regard critique sur les sources étant nécessaire.

 

 

L’histoire du Maghreb ne débute pas avec la conquête : celui-ci a déjà connu une présence romaine, sur le littoral du Maroc et de la Tunisie, et jusqu’à 200 kilomètres de profondeur dans les terres ; le christianisme s’y est anciennement implanté, avec une Église chrétienne d’Afrique très active (saint Augustin, par exemple, d’origine berbère). Lors de la conquête musulmane, le Maghreb est une dépendance de l’empire byzantin, quasi autonome, et qui diverge d’avec le reste de l’Empire sur l’interprétation du christianisme.

 

 

Étapes de la conquête musulmane (647-800)

 

 

En 642, les musulmans sont présents à Barqa et à Tripoli ; l’Égypte est conquise, les coptes chrétiens accueillent les musulmans en libérateurs. Al-Fustât est fondée, qui servira de base arrière à la conquête. Omar refuse d’annexer l’Ifriqiya, qu’il considère mufarriqa (perfide), et s’oppose à toute expédition. Il meurt en 644, et Uthmân, dès 647, autorise les premiers raids.

 

 

En 647-648, premières conquêtes, menés par le gouverneur d'Égypte, ‘Abd Allâh Sa‘d, qui prennent la forme d’une razzia. Le gouverneur byzantin, Grégoire, est tué. La capitale est prise. Cependant, les vainqueurs ne désirent pas s'installer, et se retirent en 648, contre une demande pécuniaire. Il leur restera la conscience de la grande faiblesse de la position byzantine au Maghreb.

 

 

Cependant, les troubles ayant suivi la mort de ‘Uthmân et le califat de ‘Ali (656-661), détournent les convoitises et les énergies de cette région ; période que les Byzantins ne mettront pas à profit pour se renforcer, et au contraire, ils se mettent à dos une bonne part des chrétiens d’Afrique par des mesures fiscales maladroites. En 661, Mu'âwiyya accède au califat (661- 680) ; l’Ifriqiya fera dès lors l’objet de projets d'installation Omeyyades.

 

 

En 670, l'expédition de Oqba Ibn Nafaa, rendue mythique, mène à la fondation de Kairouan ; c’est la première implantation de l’islam en Occident, l'intention est conquérante et fondatrice. Kairouan est à la fois une ville islamique, une tête de pont pour de nouvelles expéditions, et un jalon sur la route entre l’Égypte et le Maghreb. ‘Uqba va recevoir l'appui des premiers contingents de convertis (mawlâ/mawâlî), esclaves issus des tribus berbères, et qui restent liés, malgré leur affranchissement, par le lien du walâ. Cependant ‘Uqba est destitué, et remplacé par Abû al-Mujâhid, qui décide de mener une politique d'islamisation des Berbères, et considère que ses principaux ennemis sont les Byzantins

 

 

En 682-683, ‘Uqba dirige une grande chevauchée qui mène son contingent jusqu’au rivage Atlantique, elle va provoquer de nombreux soulèvements berbères. Sur le retour, la colonne de ‘Uqba est attaquée par une armée que dirige Kusayla, et mise en déroute. Lors de cette bataille, qui portera le nom de Biskra, ‘Uqba est tué. Le soulèvement, qui rassemble des Berbères et probablement des restes de l’armée byzantine, parviendra à occuper Kairouan; les musulmans évacuent l’Ifriqiya.

 

 

En Orient, le califat d’‘Abd al Malik débute en 685 jusqu'en 707 ; califat important, qui marque la fin provisoire des troubles politiques en Orient, et sous lequel seront menées des réformes de l’administration et du pouvoir). Celui-ci nomme Hasan b. al-Nu‘man gouverneur au Maghreb, lequel mènera la reconquête en 686. Kairouan est reprise, Kusayla tué. Les musulmans prennent Carthage aux Byzantins, qui parviendront à la récupérer de 695 et 698.

 

 

En 701, la Kahina est vaincue et tuée. Cette femme berbère, juive ou chrétienne, dirigeait la révolte des Berbères chawis, entourée d’une aura mystique. Elle deviendra une icône de la résistance berbère. Dès 702, l'assise musulmane est suffisante en Ifriqiya, pour envisager de nouvelles conquêtes.

 

 

En 705, Musa Ibn Nosseyr devient le premier gouverneur officiel du wilaya d'Ifriqiya. Jusqu'en 713, s'opère une phase de contrôle de l’espace, jusqu’à Tanger ; le pouvoir se consolide.

 

 

En 711 est la date de l'achèvement « officiel » de la conquête ; les premiers contingents berbères passent en Andalousie, dirigés par Tariq ibn Ziyad. Ils débarqueront à Gibraltar (Jabal Tariq). À la phase d'organisation militaire de la conquête, va se substituer l’administration d’un territoire encore partiellement insoumis, et non converti.

 

 

L'Europe

 

 

Dès le VIIe siècle, de la péninsule arabique jusque la péninsule Ibérique, l'expansion de l'islam se fait selon le principe de la guerre juste ou Jihad. Cette terre, alors chrétienne, avait été usée par les luttes intestines concernant l'hérétique (arianiste dans la péninsule Ibérique et donatistes dans le Maghreb) et, de ce fait, longuement persécutée par le pouvoir impérial. Ce qui explique l'accueil facile aux conquérants fait par la majorité d'entre eux au moins en Afrique du Nord. Cette terre devient le pays d'al-Andalûs pour 800 ans.

 

 

La conquête islamique, comme plus tard les croisades, sont en fait aussi motivées pour les chefs de guerre, par l'envie d'étendre leur territoire pour les populations préparées à cette fin, par une nécessité perçue de répandre la vraie foi .

 

 

L'armé de la civilisation musulmane (en terme de développement scientifique et technique) se situe aux VIIIe et IXe siècles.

 

Les bénéfices culturels et techniques retirés par les territoires occidentaux issus de l'expansion musulmane sont objet d'un débat d'historiens concernant les transmissions.

 

 

Les progrès sont tels qu'on peut parler de « première renaissance », bien antérieure au phénomène qui a lieu en Italie durant le XIIIe siècle. Les conquérants n'en sont pas les auteurs, mais ils les ont reçus des pays de vieille civilisation qu'ils ont conquis par la force : (Syrie, Liban, Égypte, Mésopotamie, province romaine d'Afrique). L'Europe a alors environ deux siècles de retard sur le monde musulman, bien que des villes comme Venise aient à cet égard un statut un peu hors norme. L'imprimerie viendra ensuite inverser le sens du décalage chronologique.

 

 

Plus que la victoire de 732 par Charles Martel, qui repousse l'invasion à Poitiers, c'est l'échec du siège de Constantinople qui stoppe la progression des armées musulmanes. Les établissements maures perdureront longtemps sur les rives Ouest Européennes de la Méditerranée, la Sicile fut conquis à partir de 827, Malte en 870, les Baléares en 902.

 

 

On connaîtra le mouvement inverse de guerre juste aussi, quelques siècles plus tard, dans la Reconquista de la péninsule ibérique qui débute véritablement à la bataille de Las Navas de Tolosa, la première victoire de cette campagne, et s'achève au XVe siècle par la conquête des derniers reinos de Taïfa en 1492.

 

 

La conquête ottomane

 

 

Au IXe siècle, on note la progression de peuples turco-mongols de la région des montagnes Altaï et du lac Baïkal vers l'Ouest; ces peuples s'islamisent progressivement. Par la suite, appelées en renfort par le calife abbasside pour calmer les agitations, des populations turques appelées Seldjoukides s'installent à Bagdad au XIe siècle.

 

 

L'islam s'étend en Asie mineure et en Inde. Un prince afghan converti à l'islam instaure un sultanat en Inde. Il y a différentes influentes familles dans les tribus turques en Asie mineure, et la famille Osman, implantée près d'Istanbul, va entreprendre la conquête de l'Asie mineure et des Balkans. Constantinople tombe en 1453. L'expansion de l'islam en Europe a été le fait des Ottomans qui ont remporté d'importants succès militaires dans les Balkans, en particulier sur les Albanais et sur les slaves de Bosnie.

 

 

L'Asie du Sud-Est insulaire

 

 

Des marchands musulmans étrangers commerçaient avec l'Indonésie et la Chine depuis des siècles. On trouve, dans un mausolée musulman à Leran dans l'est de Java, une pierre tombale portant une date correspondant à 1082 après J.-C.

 

 

Ce sont surtout les sources étrangères, notamment chinoises mais aussi européennes, qui donnent des éléments permettant d'établir les jalons d'une histoire de la diffusion de l'islam en Asie du Sud-Est insulaire. On peut distinguer deux processus, liés mais distincts :

 

La diffusion à partir de Sumatra vers la péninsule malaise, la cité-État de Malacca jouant un rôle fondamental,

La diffusion sur la côte nord de Java, qu'on appelle Pesisir, et de là vers les Moluques.

 

Le contexte de cette diffusion est l'essor du commerce international entre d'une part, les Moluques et la Chine et d'autre part, l'Inde et le Moyen-Orient. Ce commerce passe nécessairement par le détroit de Malacca. Situé au point le plus étroit de ce détroit, Malacca devient vite une escale obligée de ce commerce florissant, dominé par les marchands musulmans. À Java, située sur la route des Moluques, c'est aussi l'essor du commerce international qui amène des marchands musulmans à faire escale dans les ports du Pesisir.

 

 

On peut attribuer le succès de l'islam auprès des souverains et des classes dirigeantes des cités portuaires de l'archipel par plusieurs facteurs :

 

 

Nombre des marchands étrangers étaient liés à des confréries soufies, dont la spiritualité présentait un attrait et pouvait se couler dans les conceptions religieuses traditionnelles des habitants de l'archipel.

L'islam apportait une conception individualiste des rapports sociaux et la notion de protection des intérêts par le contrat, ce qui ne pouvait manquer de séduire les milieux marchands.

 

Religion prosélyte, l'islam encourageait les nouveaux musulmans à promouvoir leur foi.

 

Enfin, la menace que représentait l'expansionnisme portugais a favorisé l'émergence d'une conscience commune chez les souverains musulmans.

 

Les habitants de l'archipel deviennent en fait musulmans sans s’en rendre compte. Un indice est le mot adat, qui désigne la coutume et les traditions antérieures à l'arrivée de l'islam et distinctes de lui. Ce mot est d'origine arabe. On peut donc penser qu'à un moment, les gens aient éprouvé le besoin de nommer quelque chose qui était intrinsèque à leur existence et dont ils n'avaient pas conscience, et qu'ils n'aient pu le faire qu'avec un mot étranger.

 

 

Position de l'islam contemporain

 

 

Ce processus explique le fait que jusqu'à aujourd'hui, l'islam (mais c'est le cas des autres "grandes religions" en Indonésie) cohabite, aussi bien dans la société qu'au niveau des individus, avec des croyances et des pratiques antérieures. Le cas le plus manifeste est celui du kebatinan javanais (mot tiré de l'arabe bathin, "intérieur, spirituel"), qu'on appelle dans les langues occidentales "javanisme". Le mot "javanisme" est en fait une traduction du javanais kejawen, qui signifie en fait "javanité, le fait d'être javanais". Le concept de kejawen englobe l’ensemble des éléments de la culture javanaise considérés comme essentiellement javanais. Ceci inclut les aspects spirituels et les pratiques rituelles qu'on appelle kebatinan. Mais pour les musulmans indonésiens orthodoxes, le kejawen désigne avant tout cette spiritualité et les pratiques qui lui sont liées.

 

 

L'ex-président Soeharto, qui a dirigé l'Indonésie de 1966 à 1998, était un adepte du kejawen. L'évolution de la société indonésienne, caractérisée par une accélération de la modernisation et de l'urbanisation provoquée par le décollage économique et la croissance des années 1970 et 1980, se traduit par un recul du kejawen et un essor de conceptions plus orthodoxes de l'islam dans les nouvelles classes moyennes urbaines. Soeharto est conscient de cette évolution de la société et du rôle grandissant des milieux musulmans dans la vie, aussi bien économique que politique, du pays. Il pousse dont à la création d'une "association des intellectuels musulmans" (Ikatan Cendekiawan Muslim Indonesia ou ICMI) en 1990. Lui-même fait pour la première fois de sa vie le pèlerinage à La Mecque en 1991 et prend ensuite le nom honoririque de "Muhammad", comme c'est souvent l'usage à Java.

 

 

Sumatra et le monde malais

 

 

En 1282, le roi de Samudra, situé dans l'actuel Aceh, envoie en Chine deux émissaires portant des noms arabes. Dans son voyage de retour de la cour de Kubilai Khan à Venise en 1292, Marco Polo fait escale à Perlak, voisin de Samudra, et note que le souverain de ce port est musulman, ce qui n'est pas le cas de "Basma" et "Samara". On a essayé d'identifier, sans certitude, Samara à Samudra et Basma à Pasai, une autre principauté voisine.

 

 

Le grand voyageur berbère marocain Ibn Battûta fait escale à Samudra à l'aller et au retour de son voyage en Chine en 1345-1346. Il note que le souverain est musulman de l'école shafi'ite.

 

Deux pierres tombales musulmanes à Minye Tujuh en Aceh témoignent de la transition en train de s'opérer dans le pays. Toutes deux rédigées en malais, l'une est écrite dans un alphabet d'origine indienne qualifié de "proto-sumatranais", l'autre en arabe. Elles signalent le décès d'une fille du sultan Malik al Zahir. Les deux inscriptions portent une date en ère Saka et en ère de l'Hégire, mais diffèrent d'une dizaine d'années, l'une mentionnant l'équivalent de 1380 après J.-C. et l'autre, 1389.

 

 

On peut identifier les jalons historiques suivants :

 

 

1290 : le souverain de Pasai devient musulman.

1303 : la "pierre de Terengganu" (Batu Bersurat terengganu) sur la côte est de la péninsule malaise porte un fragment de texte juridique rédigé en malais mais en écriture arabe.

Vers 1410 : le souverain de Malacca se convertit à l'islam.

Vers 1500 : celui de Brunei se convertit.

vers 1520 : celui de Patani se convertit.

Tomé Pires, un apothicaire de Lisbonne qui séjourne à Malacca de 1512 à 1515, note que tous les rois de Sumatra sont musulmans mais que ce n'est pas le cas de leurs sujets.

 

 

La route de la soie maritime, contrôlée par des marchands musulmans, passe par l'archipel indonésien. Les princes des cités portuaires trouvent avantage à se convertir à l'islam, ce qui leur permet d'entrer dans ce réseau marchand.

 

 

Java

 

 

A Java, la tradition attribue la propagation de l'islam à « neuf saints », les Wali Songo : les sunan ("souverains") Gunung Jati (dont on situe deux tombes, l'une à Cirebon et l'autre à Banten), Kalijaga (dont la tombe est à Demak), Kudus (dans la ville du même nom), Muria (dans la région du même nom), Bayat (dont la tombe est près de Surakarta), Bonang (Tuban), Giri (Gresik), Ngampel (Surabaya), Walilanang (près de Madiun).

 

 

On peut identifier les jalons suivants :

 

 

Vers 1410 : un Chinois musulman fonde Gresik.

Vers 1480 : un Chinois musulman du nom de Cek-ko-po fonde Demak.

1526-1527 : des souverains musulmans sont installés à Cirebon et Banten.

 

Dans un mausolée à Leran près de Surabaya dans l'est de Java, il y a une stèle musulmane datée de l'an 475 de l'Hégire (1082 après J.-C.). On estime toutefois que l'islamisation de Java débute à l'époque du royaume hindou-bouddhique de Majapahit dans l'est de Java. On trouve en effet, sur le site de l'ancienne capitale à Trowulan, des tombes musulmanes. La plus ancienne est datée de 1290 de l'ère Saka (1368 après J.-C.). La plus récente est datée de Saka 1397 (1475 après J.-C.).

 

 

La période couverte par ces tombes va donc du règne de Hayam Wuruk (1350-89) à celui de Singhawikramawardhana (1466-78). Elles portent des inscriptions en arabe et un médaillon représentant le "soleil de Majapahit". On pense donc qu'elles sont les sépultures de membres de la famille royale. Pourtant, le Nagarakertagama, poème épique écrit en 1365 sous le règne de Hayam Wuruk, dit du roi qu'"il est Shiva et Bouddha"" et cite les clergés bouddhique et shivaite, mais ne mentionne pas l'existence de musulmans à Majapahit. On peut se demander si ce n'est pas parce que le poète Prapanca considère que des musulmans ne sauraient être considérés comme faisant partie de la société de Majapahit.

 

 

Il ne semble pas y avoir de conversion de masse avant le début du XVIe siècle. Ma Huan, l'interprète qui accompagne l'amiral chinois musulman Zheng He dans ses escales à Java en 1413-1415, puis en 1432, note que les habitants des ports de Java sont de trois sortes : les "Hui-hui" (musulmans des contrées occidentales), les Tang (Chinois, dont une partie est musulmane) et des indigènes dont il fait une description horrible.

 

 

À la fin du XVe siècle, un Chinois musulman nommé Cek Ko-po fonde la cité de Demak sur la côte nord de Java, qu'on appelle le Pesisir. Son successeur Trenggana entreprend l'expansion du royaume vers l'est et l'ouest du Pesisir. À l'est, Demak conquiert en 1527 Tuban, le grand port de Majapahit, et Kediri, ancienne vassale de Majapahit qui semble avoir pris le contrôle du territoire. La tradition javanaise voit dans Demak le successeur de Majapahit. À l'ouest, Demak prend Cirebon, déjà musulmane, sous sa protection et conquiert en 1526 Banten, un port du royaume hindouiste sundanais de Pajajaran. L'expansion de Demak favorise l'essor de l'islam sur le Pesisir.

 

 

Est de l'archipel

 

 

On identifie les étapes suivantes :

 

Vers 1460 : l'influence de Gresik amène à la conversion du roi de Ternate dans les Moluques. Le souverain de Sulu dans le sud des Philippines, qui règne sur un archipel situé sur la route commerciale qui mèné directement des Moluques à la Chine, se convertit à la même époque.

Vers 1580 : le souverain de Buton, au sud-est de l'île de Célèbes, se convertit.

1605 : le roi de Gowa dans le sud de Célèbes se convertit.

 

 

Époque contemporaine

 

 

L'islam est aujourd'hui la religion la plus répandue après le christianisme. Elle compte maintenant plus ou moins 1,5 milliard de croyants.

 

 

L'islam continue son expansion en Afrique, dans une progression constante vers le sud du continent (qui reste encore depuis la colonisation européenne à dominante chrétienne). Depuis leur indépendance, certains pays de la bande sahelienne d'Afrique noire ont créé des relations religieuses avec les pays arabes musulmans (Niger, Mali, Tchad) plutôt qu'avec les anciens colonisateurs. La facilité de diffusion de l'islam en Afrique s'explique aussi par le fait que ce sont les pays du Golfe, financant la construction de mosquées et de madrassas, qui apportent la religion et non plus des évangélisateurs colonisateurs blancs comme dans le cas du christianisme. Il est a noter qu'il y a tres peu d'echanges religieux entre les pays du Nord et du Sud du Sahel. En revanche, la rivalité entre les pays sahéliens d'Afrique Noire, et la bande cotiere, datent de bien avant la colonisation, et ont un fond ethnique.

 

 

Cette expansion est aussi source de tensions et de conflits. En Côte d'Ivoire ou au Nigeria, par exemple, l'opposition entre les populations musulmanes dans le nord du pays et les populations chrétiennes du sud alimente une instabilité permanente qui peut aller jusqu'au conflit armé à l'échelle nationale (Côte d'Ivoire) ou en tout cas à des attaques et représailles dans les régions « mixtes » (Nigeria). Aux questions religieuses se greffent cependant des intérêts économiques et politiques (partage des richesses et du pouvoir politique) dans la genèse des affrontements.

 

 

La diffusion de l'islam hors du monde musulman traditionnel s'explique aussi en partie par la croissance des flux migratoires à partir des pays de religion et de culture musulmane. C'est le cas dans les pays occidentaux où l'immigration de populations musulmanes s'est développée depuis les années 1950. Cette immigration semble petit-à-petit influer sur le nombre de conversions de la population locale qui reste mineur.

 

 

L'islam continue aussi sa diffusion vers l'est en Asie. En Indonésie notamment, l'islam, arrivé avec des marchands indiens et chinois qui faisaient escales dans les ports de Java et Sumatra depuis au moins le XIIe siècle, a eu une progression plutôt lente. De nos jours, 88 % de la population indonésienne est administrativement enregistrée comme musulmane.

 

 

Repères chronologiques

 

 

570–632 : Mouhammad l'envoyé d'Allah (paix et salut d'Allah sur lui)

629 : Prise de La Mecque (pacte d'Houdaibiya)

632-661 : Les quatre premiers califes et le début de l'expansion au Proche Orient et en Égypte

638 : Prise de Jérusalem

642 : les musulmans pénètrent en Égypte.

656 : Assassinat de `Uthman. Bataille du chameau. Début de la fitna.

661 : Assassinat de `Ali ; début du chiisme.

661–750 Dynastie des Omeyyades (Damas siège du califat)

698 : chute de Carthage

711 : Débarquement en Espagne, amorce de la Conquista mauresque.

 

718 : Début de la Reconquista dans les Asturies. Échec du siège de Constantinople par les Arabes.

771 : achèvement des conquêtes de l'Indus et de l'Espagne.

732 : défaite arabo-berbère contre Charles Martel à Poitiers.

750–1258 : dynastie des Abbassides (Bagdad siège du califat)

878 : Occultation du douzième imam, descendant de `Ali.

1000 : début des conquêtes en Inde par des souverains turc-musulmans.

1037 : mort du penseur Ibn Sina (Avicenne).

1099 : prise de Jérusalem par les croisés

1187 : Saladin reprend Jérusalem aux croisés

1198 : mort du philosophe Ibn Rouchd (Averroès).

1250–1517 : dynastie des Mamelouks en Égypte

1258 : destruction de Bagdad par les Mongols, fin des Abbassides. Dynastie des Ilkhans mongols.

1297 : mort du sultan Malik as-Salih de Pasai, premier royaume musulman indonésien (Sumatra).

1419 : Le roi de Malacca se convertit à l'islam.

1453–1571 : apogée de l'Empire ottoman, entre la prise de Constantinople (Istanbul) et la défaite navale de Lépante.

1492 : chute du Royaume de Grenade, fin de la reconquête chrétienne en Espagne.

1683 : échec relatif des Turcs ottomans (ils ne repartiront en effet qu'en échange d'un tribut) devant Vienne. L'empire commence un lent déclin.

1798 : arrivée de Bonaparte en Égypte. Celui-ci adopte une stratégie en demi-teinte, se déclarant l'ami du sultan ainsi que du peuple égyptien, mais l'ennemi des mamelouks qui se comportent comme en pays conquis, et faisant proclamer cette déclaration dans tout le pays.

1830 : début de la conquête française de l'Algérie.

1881 : début du mouvement mahdiste au Soudan. Protectorat français en Tunisie.

1882 : protectorat britannique sur l'Égypte.

1912 : protectorat français au Maroc.

1920 : mandat français sur la Syrie, le Liban ; mandat britannique sur la Palestine mandataire et l'Irak.

1921–1926 : Guerre du Rif au Maroc.

1922 : indépendance de l'Égypte.

1924 : abolition du califat en Turquie par Mustafa Kemal.

1928 : fondation en Égypte du mouvement des Frères musulmans.

1932 : les territoires conquis par Abd al-Azi ibn Saoud deviennent le royaume d'Arabie saoudite.

 

 

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